Fioretti octobre 2017

Au seuil du mois de novembre, le Pape François nous fait entrevoir comment Jésus accompagne chacun de nous : "Le paradis est l’étreinte avec Dieu, Amour infini, et nous y entrons grâce à Jésus, qui est mort sur la croix pour nous."

Fioretti du pape François
Opus Dei - Fioretti octobre 2017

Le paradis n’est pas un lieu de conte de fée

Audience générale du 25 octobre 2017 :

Le paradis n’est pas un lieu de conte de fée, et encore moins un jardin enchanté. Le paradis est l’étreinte avec Dieu, Amour infini, et nous y entrons grâce à Jésus, qui est mort sur la croix pour nous. Là où est Jésus, se trouvent la miséricorde et le bonheur ; sans lui, se trouvent le froid et les ténèbres. À l’heure de la mort, le chrétien redit à Jésus : « Souviens-toi de moi ». Et même si plus personne ne se souvenait de nous, Jésus est là, à côté de nous. Il veut nous emmener dans le lieu le plus beau qui existe. Il veut nous y emmener avec ce peu ou beaucoup de bien qu’il y a eu dans notre vie, pour que rien ne soit perdu de ce qu’il avait déjà racheté. Et dans la maison du Père, il emportera aussi tout ce qui, en nous, a encore besoin de rachat : les manques et les erreurs d’une vie entière. C’est cela, le but de notre existence : que tout s’accomplisse et soit transformé en amour.

À l’heure de la mort, le chrétien redit à Jésus : « Souviens-toi de moi ». Et même si plus personne ne se souvenait de nous, Jésus est là, à côté de nous. Il veut nous emmener dans le lieu le plus beau qui existe.

Si nous croyons cela, la mort cesse de nous faire peur et nous pouvons même espérer partir de ce monde de manière sereine, avec une grande confiance. »

Il y a des idéologues du christianisme

À Sainte Marthe, le 17 octobre 2017 :

« Les païens ont la corruption de l’idolâtrie : ils sont devenus corrompus par qu’ils ont échangé la gloire de Dieu, qu’ils auraient pu connaître par la raison, pour les idoles. Et il y aussi les idolâtries d’aujourd’hui, comme le consumérisme, où l’on peut chercher un dieu commode. Enfin, il y a ces chrétiens qui se sont laissés corrompre par les idéologies, c’est-à-dire qui ont arrêté d’être chrétiens, pour devenir des idéologues du christianisme. Tous ces trois groupes, à cause de cette bêtise, finissent dans la corruption.

Les insensés ne savent pas écouter (...) La Parole de Dieu n’entre pas, il n’y a pas de place pour l’amour, et finalement il n’y a pas de place pour la liberté.

La bêtise, c’est le fait de ne pas écouter. L’incapacité d’écouter la Parole […]. L’insensé n’écoute pas. Il croit écouter, mais il n’écoute pas. Il fait toujours ce qu’il veut. Et donc la Parole de Dieu ne peut pas entrer dans le cœur, il n’y a pas de place pour l’amour. Et si la Parole entre, elle est distillée, transformée par ma conception de la réalité. Les insensés ne savent pas écouter. Et cette surdité les mène à cette corruption. La Parole de Dieu n’entre pas, il n’y a pas de place pour l’amour, et finalement il n’y a pas de place pour la liberté.

Ces insensés deviennent esclaves parce qu’il échangent la vérité de Dieu avec le mensonge et adorent les créatures plutôt que le Créateur. Ils ne sont pas libres, et cette surdité ne laisse pas de place à l’amour, ni même à la liberté : elle mène toujours à un esclavage ».

Une « macédoine » entre l’esprit du monde et l’esprit de Dieu éloigne du Seigneur

À Sainte-Marthe, le 13 octobre 2017 :

« Le chrétien doit être toujours en veille, comme une sentinelle, face aux démons qui entrent ‘en sourdine’. […] Les démons, souvent, entrent ‘en sourdine’, sans trop se faire remarquer à première vue… Ils se mettent à faire partie de la vie. Avec leurs idées et leurs inspirations, ils aident l’homme à mieux vivre, et ils entrent dans la vie de l’homme, ils entrent dans son cœur, et de l’intérieur ils commencent à changer cet homme, mais tranquillement, sans faire de bruit. Ce mode est différent de la possession diabolique qui est forte : ceci, c’est un peu une possession diabolique ’de salon’.

"Veiller signifie comprendre ce qui se passe dans mon cœur, cela signifie m’arrêter un peu et examiner ma vie. Suis-je chrétien ?"

C’est ce que le diable fait lentement, dans notre vie, pour changer les critères, pour nous pousser vers la mondanité. Il s’immisce dans notre façon d’agir, et nous nous en rendons compte difficilement. Et ainsi, cet homme devient un homme mauvais, un homme oppressé par la mondanité. Et c’est ce que veut le diable : la mondanité, qui est un pas en avant dans la possession du démon. C’est une ’fascination», une ‘séduction’. […] Et quand le démon entre dans nos vies d’une façon ’suave et éduqué’, en prenant possession de nos attitudes, nos valeurs passent du service de Dieu au service de la mondanité. C’est ainsi que l’on devient des chrétiens tièdes, des ‘chrétiens mondains’, avec un mélange, une ‘macédoine’, entre l'esprit du monde et l’esprit de Dieu». […]

Le remède : la vigilance ! « Veiller signifie comprendre ce qui se passe dans mon cœur, cela signifie m’arrêter un peu et examiner ma vie. Suis-je chrétien ? J’éduque plus ou moins bien mes enfants ? Ma vie est chrétienne ou est mondaine ? […] Il nous faut regarder le Christ crucifié. »

Les têtus d’âme ne comprennent pas ce qu’est la miséricorde de Dieu

À Sainte-Marthe, le 10 octobre 2017 :

« Les têtus d’âme, les rigides, ne comprennent pas ce qu’est la miséricorde de Dieu. Ils sont comme Jonas : ‘Nous devons prêcher ceci, qu’ils seront punis parce qu’ils ont fait du mal et doivent aller en enfer’. Les rigides ne savent pas élargir leur cœur comme le Seigneur. Les rigides sont pusillanimes, avec leur petit cœur fermé. Ils sont attachés à la justice nue. Et ils oublient que la justice de Dieu s’est faite chair dans son Fils, s’est faite miséricorde, s’est faite pardon ; que le cœur de Dieu est toujours ouvert au pardon. Ils oublient que la toute-puissance de Dieu se montre, se manifeste surtout dans sa miséricorde et dans le pardon […] Il n’est pas facile de comprendre la miséricorde de Dieu, ce n’est pas facile. Il faut beaucoup de prière pour la comprendre parce que c’est une grâce. Nous sommes habitués au ‘tu m’as fait ça, je te le rendrai’; à cette justice ‘tu as fait, tu paies’. Mais Jésus a payé pour nous et continue à payer. »

Si le péché était une tache, il suffirait d’aller à la teinturerie et de faire nettoyer

À Sainte-Marthe, le 6 octobre2017 :

« Nous n’avons pas écouté la voix du Seigneur. Il a parlé par les parents, par la famille, par le catéchiste, dans l’église, dans les prédications, il a également parlé dans nos cœurs. Mais l’homme n’écoute pas cette voix, il se rebelle : le péché, c’est la ‘rébellion’, c’est ‘l’obstination’ qui nous fait suivre les ‘inclinations’ perverses de notre cœur. Le péché ruine le cœur, ruine la vie, ruine l’âme, affaiblit, rend malade. »

Le péché « ce n’est pas une tache à effacer, si c’était une tache, il suffirait d’aller à la teinturerie et de faire nettoyer ». Le péché « c’est mauvais en soi et c’est mauvais contre le Seigneur qui est bon ».

« Demandons donc aujourd’hui la grâce d’avoir honte de ce que nous avons fait et demandons humblement pardon à Dieu qui est ‘Tout-puissant’. Louons aujourd’hui le Seigneur parce qu’Il a voulu manifester sa toute-puissance dans la miséricorde et dans le pardon. »

Les petits théâtres de l’indignation cachent souvent de grands égoïsmes

À Bologne, le 1er octobre 2017 :

« Le savoir qui se met au service du meilleur offrant, qui finit par alimenter les divisions et justifier les abus de pouvoir, n’est pas de la culture. La culture –comme dit le mot– est ce qui cultive, qui fait grandit l’humain.

consacrons-nous avec passion à l’éducation, c’est-à-dire à ‘tirer’ le mieux de chacun pour le bien de tous.

Et devant tant de plainte et clameur qui nous entoure, aujourd’hui nous n’avons pas besoin de gens qui se défoulent en hurlant mais de gens qui promeuvent une bonne culture. On a besoin de paroles qui touchent les esprits et mettent les cœurs dans de bonnes dispositions, ne hurlent pas contre les estomacs. Ne nous contentons pas de suivre l’audience; ne suivons pas les petits théâtres de l’indignation qui cachent souvent de grands égoïsmes ; consacrons-nous avec passion à l’éducation, c’est-à-dire à ‘tirer’ le mieux de chacun pour le bien de tous. Contre une pseudo-culture qui réduit l’homme à un déchet, la recherche à des intérêts et la science une technique, affirmons ensemble une culture à mesure humaine, une recherche qui reconnaisse les mérites et récompense les sacrifices, une technique qui ne se plie pas à des buts commerciaux, un développement où pas tout ce qui est commode est licite. »

Que la mathématique de Dieu est étrange : elle se multiplie seulement si elle se divise !

À Bologne, le 1er octobre 2017 :

« Que la mathématique de Dieu est étrange : elle se multiplie seulement si elle se divise !

Apprêtons toujours un repas d’amour pour qui en a besoin.

La charité n’est jamais à sens unique, elle est toujours circulaire et tous donnent et reçoivent quelque chose. Tous nous recevons et tous nous savons et nous pouvons donner beaucoup. Jésus n’écarte personne, il ne méprise pas. Il a soif et il nous demande de lui donner à boire car il marche avec nous et souffre avec nous. Et nous avons cette cruche, peut-être un peu usée, qui peut lui donner de l’eau, qui est notre cœur ! Notre vie est toujours précieuse et nous avons tous quelque chose à donner aux autres. »

La charité n’est jamais à sens unique, elle est toujours circulaire et tous donnent et reçoivent quelque chose.

La baguette magique ne fonctionne pas en politique

Cesena (Italie), le 1er octobre 2017 :

« Quand un politicien se trompe, qu’il ait la grandeur d’âme de dire : ‘Je me suis trompé, excusez-moi, avançons’. C’est noble cela ! Les vicissitudes humaines et historiques et la complexité des problèmes ne permettent pas de tout résoudre tout de suite. La baguette magique ne fonctionne pas en politique. Un sain réalisme sait que même la meilleure classe dirigeante ne peut pas résoudre toutes les questions en un éclair. Il suffit, pour s’en rendre compte, d’essayer d’agir en personne au lieu de se limiter à observer et à critiquer depuis le balcon ce que font les autres. C’est un défaut quand les critiques ne sont pas constructives. Si le politicien se trompe, va le lui dire […]: ‘Mais, je crois que cela serait mieux comme ci, comme cela…’ Par la presse, la radio… mais le dire de façon constructive. Et ne pas regarder du balcon, ni l’observer depuis le balcon en attendant qu’il échoue.

Non, cela ne construit pas la citoyenneté. De cette façon, on trouvera la force d’assumer les responsabilités de chacun, en comprenant en même temps que, même avec l’aide de Dieu et la collaboration des hommes, il arrivera qu’on commette de toute façon des erreurs. »