Claire-Marie : au service des réfugiés

Sensibles à l’invitation du pape François à ne pas fermer les yeux sur la souffrance humaine, Claire-Marie et ses amies du club Fontneuve ont décidé de s’investir auprès des réfugiés. Claire-Marie témoigne.

Initiatives sociales
Opus Dei - Claire-Marie : au service des réfugiés


Claire Marie

"À la mondialisation du phénomène migratoire, il faut répondre par la mondialisation de la charité." Ces mots du Pape François, datés du 3 septembre 2014, ne m’ont pas laissée indifférente. Lycéenne dans une école parisienne, je me suis donc investie avec mes amies au service des réfugiés au sein de mon école ainsi qu’au Club Fontneuve. Ce fut l’occasion de me mobiliser concrètement pour toutes ces personnes qui quittent leur pays, leurs racines dans l’espoir de trouver un peu de paix et de soutien chez nous.

"À la mondialisation du phénomène migratoire, il faut répondre par la mondialisation de la charité."

Ainsi, depuis le début d’année, dans le cadre des activités solidaires proposées à l’école, je me rends chaque semaine, avec Philippine et Héloïse dans une école qui accueille des demandeurs d'asile pour passer une heure et demie avec un réfugié qui apprend le français. C'est l’occasion pour eux de mettre en pratique tout ce qu'ils ont appris dans leur cours de français ! Chaque rencontre est unique ! Chaque personne est un monde qui s'ouvre à nous : ils viennent d’Afghanistan, d'Irak ou de Syrie majoritairement et arrivent en Europe après des périples qui durent parfois plusieurs années, à pied, en bateau, en voiture... Ils quittent des pays en guerre, des dictatures, des conflits politiques ou idéologiques, ils fuient pour leur religion... Ils fuient tous une forme de violence qui règne dans leur pays.

On se sent souvent gênés d'arriver vers une si grande misère avec l'insolence de notre bonheur... Mais la joie qu'ils ont à rencontrer une personne joyeuse leur redonne espoir ! Il faut rappeler que, bien souvent, les gens n'osent pas les approcher, ils ont peur. Ce qui fait que les seuls visages qu'ils voient sont ceux d'une assistante sociale débordée, d'un avocat ou d'un policier derrière son guichet. Tous ces "visages" sont certainement très bienveillants! Cependant c'est leur métier de s'occuper des réfugiés. Le don gratuit d'une personne qui leur consacre du temps, sans être rémunérée pour cela, les touche et leur apporte un peu de paix !

On se sent souvent gênés d'arriver vers une si grande misère avec l'insolence de notre bonheur... Mais la joie qu'ils ont à rencontrer une personne joyeuse leur redonne espoir !

Un jour Kader m’a dit qu’il avait dû quitter son pays car son frère était militaire et que dans sa famille on recevait une bonne éducation et on faisait des études supérieures. Là-bas ce sont des défauts qui méritent la mort : "Les talibans ne veulent pas que l'on aille à l'école, car à l'école on apprend ce qui est bien et ce qui est mal; et eux ils veulent juste qu'on les suive! "


Aussi, pour le lancement de l’année jubilaire de la miséricorde, nous avons fait au club une nuit d'adoration et de prière pour ces communautés chrétiennes malmenées pour leur foi au Christ. Nous nous sommes relayées toutes les heures devant le Saint Sacrement exposé. Une expérience qui demande toujours un petit effort, surtout quand on a choisi les heures du milieu de la nuit, mais dont on ressort tellement contentes qu’on est prête à recommencer dès que l’occasion se présente.

D’autres actions ont été menées par les collégiennes du club. Les collégiennes par exemple ont réalisé des cartes de vœux à l’intention des chrétiens d’Orient et elles ont cherché la traduction de « Joyeux Noël » en arabe : ميلاد مجيد (miilaad majiid).

C’est un petit détail mais cela touche les gens quand on fait l’effort de parler dans leur langue. Ensuite, elles ont pu envoyer les cartes par l’intermédiaire d’une personne qui voyageait justement en Irak pendant cette période.

Toutes ces actions ont été une expérience très riche pour moi et mes amies – et cela nous a fait un grand bien d'aller "aux périphéries", d'apprendre à donner de notre temps au service des autres, et concrètement des réfugiés.