Saint Josémaria Textes du jour

Une année nouvelle : recommencer

« La vie chrétienne est un perpétuel commencement et recommencement, un renouvellement de chaque jour ». (Saint Josémaria, Quand le Christ passe, 114).

Qui habitat in adiutorio Altissimi, in protectione Dei coeli commorabitur, habiter sous la protection de Dieu, vivre avec Dieu: telle est la sécurité "risquée" du chrétien. Il nous faut être réellement persuadés que Dieu nous entend, qu'Il est à l'écoute de nos besoins: alors notre cœur se remplira de paix. Pourtant, vivre avec Dieu, c'est indubitablement un risque, parce que le Seigneur ne se contente pas d'un partage: Il veut tout. S'approcher un peu plus de Lui, signifie être disposé à une nouvelle conversion, à un nouveau redressement, être disposé à écouter plus attentivement ses inspirations, les saints désirs qu'Il fait jaillir dans notre âme, et à les mettre en pratique.

Depuis notre première décision consciente de vivre, dans toute son intégralité, la doctrine du Christ, nous avons sûrement beaucoup avancé sur le chemin de la fidélité à sa Parole. Et pourtant, n'est-il pas vrai qu'il reste encore beaucoup à faire ? N'est-il pas vrai qu'il nous reste surtout trop d'orgueil ? Nous avons besoin, sans aucun doute, d'une nouvelle conversion, d'une loyauté plus entière, d'une humilité plus profonde, pour que le Christ croisse en nous et que notre égoïsme diminue, puisque illum oportet crescere, me autem minui, il faut que Lui grandisse et que moi je diminue. (…)

La conversion est œuvre d'un instant, la sanctification est la tâche de toute la vie. La semence divine de la charité, que Dieu a déposée dans notre âme, aspire à croître, à se manifester en oeuvres, à produire des fruits qui répondent à tout moment à ce qui est agréable au Seigneur. Il est indispensable, pour cela, que nous soyons disposés à recommencer, à retrouver dans chaque nouvelle situation de notre vie — la lumière, l'élan de la première conversion. Voilà pourquoi nous devons nous y préparer par un examen profond, en demandant au Seigneur son aide pour mieux Le connaître et mieux nous connaître. Il n'y a pas d'autre chemin pour nous convertir de nouveau.

Quand le Christ passe, 58

J'ai toujours essayé, en parlant devant la crèche, de contempler le Christ Notre Seigneur enveloppé de langes, sur la paille d'une mangeoire; et lorsqu'Il est encore enfant et ne parle pas encore, de voir en Lui le Docteur et le Maître. J'ai besoin de Le considérer ainsi, car je dois L'écouter. Et pour écouter ce qu'Il a à me dire, il me faut m'efforcer de connaître sa vie: lire le Saint Evangile, méditer ces scènes que le Nouveau Testament nous rapporte, afin de pénétrer le sens divin du cheminement de Jésus sur la terre.

Nous devons, en effet, reproduire en nous le Christ vivant, en connaissant le Christ, à force de lire la Sainte Ecriture et de la méditer, à force de prier, comme maintenant, devant la crèche. Il faut comprendre les leçons que nous donne Jésus dès son enfance, dès sa naissance, dès que ses yeux s'ouvrent sur la terre bénie des hommes.

En grandissant et en vivant comme l'un d'entre nous, Jésus nous révèle que l'existence humaine, nos occupations courantes et ordinaires, ont un sens divin. Même si nous avons largement médité ces vérités, nous devons toujours admirer ces trente années de vie obscure qui constituent la plus grande partie de la vie de Jésus parmi ses frères les hommes. Années obscures, mais, pour nous, claires comme la lumière du soleil. Ou mieux, splendeur qui illumine nos journées et leur donne leur véritable dimension, puisque nous sommes des chrétiens courants, qui menons une vie ordinaire, semblable à celle de millions de gens dans les coins les plus divers du monde.

Quand le Christ passe, 14

Vous savez par expérience personnelle, et vous m'avez entendu le répéter fréquemment, pour vous prémunir contre le découragement, que la vie chrétienne consiste à commencer et recommencer chaque jour; et vous constatez dans votre cœur, comme moi dans le mien, que nous avons besoin de lutter avec constance. Lorsque vous vous examinez, vous avez dû observer (cela m'arrive aussi a moi; pardonnez-moi de faire ces références a ma personne, mais tout en vous parlant je pense avec le Seigneur aux besoins de mon âme) que vous subissez de petits échecs répétés; et vous avez parfois l'impression qu'ils sont gigantesques, parce qu'ils révèlent un manque évident d'amour, de don de soi, d'esprit de sacrifice, de délicatesse. Entretenez en vous des désirs de réparation, et ceci avec une contrition sincère, mais ne perdez surtout pas la paix.

Amis de Dieu, 13

Quoi qu'il arrive, en avant ! Serre avec force le bras du Seigneur et considère que Dieu ne perd point de bataille. Si, pour un motif quelconque, tu t'éloignes de Lui, il te faut réagir avec humilité: commencer et recommencer, te conduire en fils prodigue tous les jours et même à plusieurs reprises au long d'une même journée. Il te faut redresser ton cœur contrit dans la confession. Cette confession qui est un authentique miracle de l'Amour de Dieu. Le Seigneur lave ton âme dans ce sacrement merveilleux; Il t'inonde de joie et de force pour que tu ne défailles pas dans ta lutte et que tu reviennes inlassablement à Dieu, quand bien même tout te semblerait obscur. De plus la Mère de Dieu, qui est aussi notre Mère, te protège avec une sollicitude toute maternelle, t'affermit dans ton chemin.

Amis de Dieu, 214