L’Opus Dei : enquête sur le « Monstre »

Le 17 mai 2006, en parallèle à la sortie du film Da Vinci Code, Patrice de Plunkett publiait aux Presses de la Renaissance une enquête sur l’Opus Dei. L’auteur répond à nos questions.

Sur l'Opus Dei

Comment vous est venue l'idée d'écrire un livre sur l'Opus Dei ?

J'avais cette idée depuis la béatification de Josémaria Escriva, en 1992 :  je dirigeais Le Figaro Magazine, et, de ce poste d'observation, j'avais été sidéré par la réprobation des médias à l'encontre de la décision romaine. L'unanimité médiatique n'est jamais bon signe ! J'avais alors fait faire une enquête sur l'Opus Dei, par Jean Bourdarias, que j'avais publiée dans le magazine.

Puis est venu le triomphe commercial de Dan Brown, avec  les sondages montrant que 31 % de ses lecteurs français croyaient à l'authenticité des bases du roman en ce qui concernait l'Eglise catholique et l'Opus Dei...

J'ai alors mis en chantier mon enquête.

L'objectif de ce livre était de mettre (enfin) à la disposition du public des données exactes sur l'Opus Dei, dans le passé et aujourd'hui. Il fallait sortir d'un système fermé, d'un noeud de rumeurs clonées les unes sur les autres, qui avaient inspiré presque tous les livres de journalistes parus sur le sujet jusqu'à présent. Livres dont certains avaient connu le succès, ce qui avait encore plus  enfoncé les gens dans de fausses évidences...

Est-ce que cette idée, lorsque vous leur en avez parlé, a plu aux responsables de l'Opus Dei ?

Ils l'ont accueillie avec prudence. Je m'y attendais, mais j'ai constaté que le choc Dan Brown les avait amenés à réévaluer le problème de "l'image" d'un groupe dans le grand public aujourd'hui. Je leur ai expliqué, cartes sur table, que je désirais mener une investigation. Et j'ai senti qu'ils coopéreraient à mon enquête. C'était désormais leur intérêt.

On ne cesse de parler du secret de l'Opus Dei. Comment vous y êtes vous pris pour avoir accès à autant d'informations ?

J'ai simplement fait mon métier d'enquêteur, et j'ai obtenu des réponses à toutes mes questions, même les plus pointues : y compris celles auxquelles (selon la rumeur) "l'Opus Dei ne répondait pas".  D'autre part, j'ai recoupé ces informations. C'est le B-A BA du métier...

J'ai aussi enquêté à l'extérieur de l'Opus Dei :  dans d'autres secteurs de l'Eglise catholique, notamment au Vatican et dans les diocèses ; auprès d'historiens laïques ou anticléricaux (spécialement la jeune génération des chercheurs espagnols) ; dans divers pays d'Europe et d'Amérique latine...

Bien entendu, j'ai beaucoup discuté avec des membres   - et ex-membres -  de l'Opus Dei. Leurs témoignages sont l'une des parties les plus "innovantes" dans mon enquête, où la psychologie joue un rôle important.

Avez-vous eu des difficultés à recueillir certains témoignages ?

Les difficultés  habituelles que peut rencontrer un journaliste, ni plus ni moins : selon le tempérament et l'histoire personnelle des gens que je sollicitais.

Quelle est la conclusion à laquelle vous arrivez à l'issue de votre enquête?

Je laisse le lecteur juge.  Mon but n'était pas de lui fournir un "prêt-à-penser", mais un dossier objectif et complet. Je peux dire que mon livre dégonfle la baudruche monstrueuse que les médias avaient gonflée. Et qu'il réserve un grand nombre de surprises, sur hier et aujourd'hui ! Entre autres, mon enquête en apprend beaucoup sur les raisons de l'existence de cette image-monstre, et de son décalage par rapport aux réalités. C'est aussi une enquête sur les errances de la société actuelle, par rapport au spirituel ! Je suis allé moi-même d'étonnements en étonnements, au cours de mes investigations.

Comment ce livre a-t-il été accueilli par le public ?

Très bien !  Dans les Salons du Livre à travers la France, je rencontre de nombreux lecteurs de Dan Brown qui achètent mon livre "pour en savoir plus". C'était mon objectif.