Dernier clin d'oeil à Saint Joseph ! (n.7)

Saint Joseph arrive au terme de sa course, entouré de Jésus et de sa Mère, puis reçoit la couronne du triomphe.

Saint Joseph
Opus Dei - Dernier clin d'oeil à Saint Joseph ! (n.7) Anton Raphael Mengs (1728-1779) - The Dream of St Joseph - Kunsthistorisches Museum

7. Bravo, bon serviteur !


L'enfance du Christ est rapportée par les évangiles comme élément significatif de l'histoire du salut (Benoît XVI, L'enfance de Jésus, 2012). Dans ce cadre, l'art chrétien n'a pas oublié la Sainte Famille, resserrée par les liens de l'amour et du service, dans l'accomplissement du plan de salut.

Serviteur de Dieu : un terme qui définit le croyant. Le juste pousse comme un arbre fécond auprès des eaux, comme un palmier toujours verdoyant… Isaïe dévoilera le parcours du Serviteur par excellence : le service sacré d'un sacrifice expiatoire. Le Premier Testament glorifie le service à Dieu. Un statut de glorieuse réputation qui rend libres et heureux.

La Nouvelle Alliance éblouit par la qualité des serviteurs. Le Christ l'est jusqu'à la croix ; Marie, « servante du Seigneur », anticipera à Cana la gloire de son Fils ; Joseph, chef de la famille, conçoit son autorité comme un service à la rédemption. Au sein de la Sainte Famille, Joseph a servi Jésus dans son rôle paternel : nourriture ; apprentissage du métier et de la prière ; ouverture aux rapports respectueux et charitables avec les autres. Il a enseigné beaucoup au Fils incarné.

Le profil humain de Jésus reflète les vertus de Joseph, qui fut ainsi guide et soutien de la sainteté du Sauveur. « Jésus devait ressembler à Joseph, par les traits de son caractère, par sa façon de travailler et de parler. Dans son réalisme, dans son esprit d'observation, dans sa manière de s'asseoir à table et de partager le pain, dans son goût pour exposer la doctrine d'une manière concrète, en prenant pour exemple les choses de la vie ordinaire, se reflète ce que furent ses rapports avec Joseph » (saint Josémaria, Quand le Christ passe §55).

J.-M. Crespi, La mort de saint Joseph (1712, Saint-Pétersbourg)

Joseph a réussi dans son rôle de maître car il s'est d'abord dépensé comme serviteur de Dieu. Une longue vie vouée à la formation du Sauveur du monde. Joseph s'est donné à fond, jusqu'à s'épuiser, comme le grain de blé qui annonce une moisson au centuple.

La toile de J.-M. Crespi, La mort de saint Joseph (1712, Saint-Pétersbourg) illustre les soins de Jésus et Marie au chef de famille mourant. Les évangiles apocryphes signalent que Joseph, dans son lit de mort, a été embrassé avec chaleur par Jésus avant de quitter ce monde. On pressent le dernier éloge du Sauveur : « Entre dans la joie de ton Seigneur » (Matthieu 25, 23).

Les artistes de la réforme catholique ont osé représenter le triomphe de Joseph, couronné par Jésus, tantôt enfant tantôt adulte. Jean Valdès (1670), maître du baroque sévillan, a relevé le défi, après d'autres, avec son style somptueux, plein de vigueur dans l'expression.

Le couronnement de Joseph : Jean Valdès (école baroque andalouse, 1670), Séville.